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10.05.08

~ j'ai la trace des bretelles et le vernis transparent écaillé, viens on attends un vendredi ensoleillé

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Je passe l'après-midi du jeudi avec deux garçons, deux garçons qui s'amusent
avec deux pistolets à eau et des jeux de société,
combattant l'ennui et m'entrainant dans leurs petites vies de neuf ans.
Arthur nous laisse pour la soirée et je le retrouve le lendemain midi
avec son cartable et mon sac eatspark, mon ancien sac
où tout au fond se cache le doudou et le nounours raccommodé.
MCM est la chaine de référence de ce pont parce qu'au moins
on écoute tout pleins de chanson en faisant tout pleins de truc,
c'est le bruit de fond, du brouhaha et on ne fait pas attention
qu'on s'amuse sans regarder l'heure et sans compter les jours.
Avec les portes fenêtres du salon ouvertes et le boum des mur.
En allant le chercher à l'école, la primaire et le garage à vélo, j'ai croisé une personne que je ne voulais plus jamais voir. Je sentais mes cheveux qui atteignaient presque la fin de mes omoplates et tout chaud, fraichement lissés, j'avais les pensées vagabondes et je l'ai percuté. Vite et fort. Elle a sourit et j'ai enlevé un de mes écouteurs, je ne sais pas comment était mon visage et surtout mon expression, si j'étais horrifiée ou juste étonnée. J'avoue, j'ai peur du passé, d'un passage surtout alors j'ai oublié et quand tout me revient je ne sais jamais comment réagir. Alors j'oublie encore une fois, je rentre à la maison avec Arthur et on fait vite des pattes en éclatant de rire parce qu'il ne faut pas être en retard et que ça change un peu que je sois à la maison. Il repart avec Camille, Pau', Jessy arrivent. Ça fait de petit va et vient de majuscule dans la véranda et la cuisine. Alors, s'en suit la petite discussion dans l'herbe, les fous rires idiots, encore le repas et la guirlande dans le jardin alors que tout est noir, un peu de tout n'importe quoi et ça, on s'en souviendra. Je n'aurais rien à oublier et quand on en reparlera je pourrais, et je saurais que je souris.


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07.05.08

~ Un air d'été dans les cordes vocales

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Je vais au théâtre dans la soirée du mardi,
les sièges noirs qui font mal au fesses et la chaleur presque suffocante.
Je n'ai pas compris ça devait être trop subtil ou moi,
trop ailleurs entre Lyon la nuit et les discutions des futurs appartements.
En fait je crois que je me voyais plutôt sortir dans le noir en débardeur parce que même comme ça on est bien, comme si les brises ne sont que des deuxième peaux et qu'il n'y a pas de bus à prendre pour rentrer, je me voyais plus sur les escaliers éclairés à me demander à quelle heure je pourrais prendre le métro plutôt qu'être coincée entre deux sièges noirs ou encore un siège bleu et une vitre, je vais devenir claustrophobe mais ce n'est pas l'air qu'il me faut mais surtout de l'espace, des spot éclairant les façades et un grand bol de Lyon la nuit. Ce qui m'a remonté dans la gorge ce soir, au milieu, c'est le faite de rester ici encore un peu plus longtemps que prévu. Ça m'a fait suffoquer alors comme toujours, on augmente le son.
Tout ce théâtre ça me rappelle les débuts d'il y a 9 ans,
mes impros et ma parodie de Juliette au Cm1,
j'avais râlé parce que je ne voulais pas mettre de robe, ça m'est resté je crois.

A partir de ce soir je vais dormir dans le grand lit deux place puisqu'ils prennent l'avion. Ça donne envie comme l'année dernière, le moment où l'on est si haut qu'on peu enfin sortir notre appareil photo et faire mine de toucher les nuages. Il y avait une liste de recommandation sur la table de la cuisine, ce qu'il faut faire comment et quand, et quand ils vont passer la porte avec leurs valises je vais la prendre et la froisser, direction la poubelle. Ces cinq jours même avec Arthur à m'occuper, ce seront mes cinq jours à moi. Avec du soleil et la terrasse comme mardi midi mais cette fois ci, pas besoin de faire semblant de travailler. Je suis entrain de regarder un tout petit bonhomme chanter Hey jude, ce genre de musique obsédante mais que je n'écouterais pas ce week-end, non ce week-end se sera plutôt fenêtre ouverte et le gros boum boum, pas la partie gauche du corps, juste les baffles qui crachotent gentiment du beau temps et de la bonne humeur.
Le petit bonhomme me fait bien rire, avec sa couche culotte et sa guitare
trop grande pour lui, et les paroles qu'il connait presque
sur le bout des doigts,
on touchera le ciel.

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05.05.08

~ Delirious (8) J'écris toujours quatre avec un S, me fait-il remarquer

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C'est après une courte, très courte nuit même,
le genre qui me laisse la nausée le matin
mais une impression d'avoir beaucoup vécue en une soirée, même si c'est totalement faux.
Donc, après cette nuit et du soleil dans les heures qui suivent,
des révisions sur la véranda avec l'ordinateur portable,
des pensées idiotes du genre "et si il y a un gros blanc je fais quoi?"
parce que je déteste les blancs dans une conversation,
même si je me soigne ça risque d'être pire que tout en face de Mme P.
Après la cuisine enfumée et le sang dans l'escalier,
les photos les petits blabla à trois heures du mat' et les respirations lentes l'instant d'après,
on l'a passé notre oral, avec ou sans grimaces,
finalement j'avais bien fait de penser au plan de Bel Ami,
le jour de la veste en cuire qui me reste en tête, ça doit être l'odeur ou le soleil, un peu des deux.
Je suis sortie de la permanence avec une lanière du sac sur mon épaule
un déséquilibre éminent et une envie d'hurler.
Oubliant, j'ai trainé sous l'escalier, sous les quatre étages et l'espagnol au dessus de ma tête
et j'ai fais comme Bridget sans le vouloir,
les deux poings levés vers le haut et le secouement de tête furieux.
Début d'après midi et une chevelure brune à l'écran, exceptionnellement,
d'habitude je relève toujours le titre des chansons qui passent, mais là
j'ai oublié, dommage j'aimais bien, un genre de Dorian Gray de mon imagination.

Le chat du voisin et The kooks, l'ampli un peu trop tourné vers la droite et les baffles hurlent à ma place, c'est trop près des oreilles, ça bourdonne. Je sais que c'est mauvais mais parfois, on aime ce qui nous nuit. Et là, c'est l'extase absolu, je suis à deux marches de la fin et trois centimètres des jours toute seule en rythme.

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03.05.08

~ Du soleil sur un plateau

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Et pendant qu'elle râlait je pensais à divers plans de Bel Ami,
au soleil étouffant et aux cigarettes qui se suivent sur la terrasse.
Je l'attends à un comptoir avec une oreillette qui crie dans l'oreille gauche. Distraite,
trois tableaux qui sont accrochés sur un mur orange, il fait aussi beau que dehors.
Je reconnais une chanson et sourit niaisement, une veste en cuire vient d'entrée
et je me demande si je ne devrais pas remettre mes lunettes de soleil pour regarder à ma guise.
La veste en cuire, son odeur si particulière et une envie de je sais plus quelle boisson
s'assois à côté de moi et demande du feu.
Encore une cigarette qui va suivre les autres, je me tais.
J'ai l'heure du crédit et un numéro de téléphone attribué,
je pourrais indiquer une rue ou un bon restaurant mais pas de feu,
je me demande, si j'avais su, et rien que pour une veste en cuire.
Je joue avec un sous verre en carton,
le genre de truc qui ne sert à rien parce que le comptoir est déjà bien abimé,
et c'est ce qui fait son charme,
c'est cette petite touche avec d'autres touches de tableau et de musiques lancinantes
qui font qu'il fait beau même à l'intérieur.
Elle débarque en me disant de me bouger, fin de la rêverie et trois soupirs plus loin, je me lève.
Appel, le retour à la normal et ma pause errante qui se finit,
cet été on a trouvé un truc en Italie alors malgré tout j'exulte.
Je compte les jours qui me séparent des journées à ne rien faire,
de Paris et de tous ces petits trajets avec lunettes de soleil.

Mes chroniques égocentriques écrites du bout des doigts
dans le train du retour, PS, Merci Loulou pour la photo.


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02.05.08

~ On est sérieuse un truc de malade

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Premier melon de l'année au soleil avec une envie, tenace et cruelle, de sécher les maths pour un transat' et des allures de Grèce, comme il y a 4ans. Un bac à réviser en plus. Daft punk en éco sur la terrasse, je m'allonge dans l'herbe en me disant que les taches on s'en fou, que profiter et c'est tout. C'est un peu comme courir sous la pluie mais en plus chaud. Dans tous les doigts de la main la maison est à moi toute seule, on se remet ça, l'oral passé, l'occasion de ne pas être sérieuse et d'avoir de bonnes raisons.

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30.04.08

~ 'How I met your mother' un peu tard dans l'après midi, rires et dévastation assurés

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Je me surprend à penser à toi alors que je devrais être entourée de feuilles de français toutes plus énervantes les unes que les autres, avec du rose et du bleu cyan histoire de mieux retenir des dates que, lundi après midi, j'aurai très vite oubliée. Des titres soulignés en orange et ce petit pincement sous la cage thoracique, un peu plus sur la gauche oui, t'y es presque. Là tout de suite j'aimerais bien tout envoyer valser et prendre l'aller retour nul part pour une table deux personnes avec le vide palpable en face mais la vitre devant moi, pas en terrasse parce que c'est trop bruyant. Regarder mon portable et voir que tu es en retard, je crois que j'ai un problème avec les horaires, soit en avance soit en retard, c'est pour ça que je te loupe toujours. Oui, ça doit être pour ça. En attendant Candide est corné, si je tombe dessus je vais avoir honte lundi matin.

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26.04.08

~ En équilibre sur un trottoir

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Je sens les battements de mon cœur qui s'accentuent de mes tempes à mon nombril, allongée dans l'herbe. Le soleil est revenu avec toutes ces petites choses que ça implique, entre autre, mon sourire, et Prince qui sifflote, en boucle, dans un coin de mon esprit, avec sa brume qui s'estompe petit à petit. Une envie de bouger et des ballons colorés. Des mots anglais qui s'échappent de la maison et un week-end qui s'enflamme trop vite, il ne faut pas avoir peur de vivre, il faut croire. Un frisson qui parcourt ma nuque et va mourir au creux des reins, j'ai envie que quelque chose me surprenne et vienne casser le silence du jardin, alors j'augmente le son.


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24.04.08

~ Je mange une barquette de Tiramisu à moi toute seule

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Ca n'est jamais la même personne ni le même temps, mais ce sont toujours les même berges. Avant j'avais peur de passer sur les ponts parce que j'avais un semblant de vertige, une impression que tout allait s'écrouler et que j'allais finir par en crever, maintenant je passe en dessous et ça va mieux, je respire, mais toujours avec ces pensées vacantes, le fait que le moment présent se déroule inconsciemment et que je pense à autre chose, au risque de marcher n'importe où parce que je ne regarde pas. Je pense aux photos entassées dans le dossier Vacances et au soleil qu'il n'y a pas ici, à mes dessins faits derrière mes fiches de révisions, le poing contre ma joue et mes envies de tout balancer à la poubelle. Ca n'a plus le même gout, là c'est plus l'acidité du plantage total, il n'y a plus de sourire à côté de moi, juste mes quatre mur et des voix électronisées.
La pensée du quai de gare et la destination hasardeuse, le départ impondérable et l'arrivée incertaine, on dit toujours qu'Ailleurs c'est mieux qu'ici alors j'ai envie d'essayer, d'aller voir ailleurs et de choisir un nouveau ici avec quelqu'un, converses au pied et lunettes de soleil qui retiens la masse brune, comme dans le dossier Vacances, comme quand j'irradiais avec le soleil et que je ne passais pas la journée dans ma chambre.

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21.04.08

~ Repos complet pour ce lundi

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C'est ondulé et brun, brun avec des petites touches éclairées par endroit, sur les pointes et au soleil. J'ai les pieds sur le mur et le cou contre le repose bras, appelez ça comme vous le voulez. Je vois cette masse brune qui se balance au grès des notes et autres flots de paroles, je suis fatiguée alors je médite, je médite dans une position ridicule et la faim qui me tiraille le ventre. Je crois que j'ai passé l'après midi dans les chiffons et les laves vitre sans vraiment être là, j'avais la tête complètement déphasée, je cherchais les mots qui pouvaient te décrire et me faire oublier. J'ai cherché les expressions qui pourraient qualifier Neverland et je n'en ai pas trouvé, j'ai cherché le moment où je me tape la tête avec le sourire parce que tout revient en masse, comme mes boucles brunes, mais il n'y a rien eu, alors je suis restée la tête en bas et j'ai soupiré. Ecran existentiel vide, mes tentatives pour retenir les secondes échouées.

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19.04.08

~ Le moment où tu te dis que rien ne vaut la vie

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-Get 27...
-Comment tu sais? Grande connaisseuse ou juste au pif?
-L'odeur de menthe. Quand tu parle... Et y qu'ça que j'aime d'ailleurs parce que niveau gout...
-Tu veux re-gouter? Peut-être que finalement ça viendra.
-Dégage! T'as bu combien de verre toi?
-Deux donc je suis mentalement stable, et sentimentalement parlant, c'est toi qui m'rend ivre.
-Sauf que je n'ai pas le gout de la menthe.
-Nobody's perfect.

Un petit malin aux mots débités doucement entre mon cou et mon oreille, experts peut-être, chantant pour cette soirée à la chaleur suffocante. Une soirée, sans rature. J'ai sur ma langue le goût salé et mentholé de cette courte histoire balayée trop vite, du revers de la main. Une nouvelle, à peine. Un gout d'inachevé mais finalement ça me convient. J'ai un prénom et un papier avec des coordonnées que j'ai froissé de la main, mais que je garde quand même au fond du sac. En mémoire, une sacoche Calvin et des godasses à l'italienne, des lunettes discrètes et un physique avantageux. Les mèches qui rebiquent et l'euphorie grisante, je sors du bar avec un pull qui n'est pas à moi sur les épaules, que je confierai le lendemain à la loge, lunettes de soleil sur le bout du nez, chaussures plates. On me demandera "Pour qui?" et je répondrai vaguement, un grand brun. Rencontré sur une rampe de skate park. Identifié Un coup pour rien enfin, façon de parler, il m'a fait rire et ça, ça n'est jamais un coup pour rien. Il me retrouve sur la véranda aménagée alors que je lis ou peut-être que je lis sans vraiment lire, mes yeux louchent ou dévient sur le côté gauche, thanks pour le pull, bien dormis? A vrai dire pas trop. Il lit par dessus mon épaule et le boum boum s'emballe, je pense à Carole et le zazazou, je pense aux attaches qu'il ne faut pas créer, mais j'oublie ça très vite entre les oiseaux qui sifflent et sa main dans la mienne, il part demain et je me dis tout bas que c'est un au revoir, non même mieux un adieu, un merci pour la soirée et belle vie pour la suite. C'est la première fois que je faisais le mur et il faut que j'oublie son prénom, pas d'attache j'ai dis.

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C'est comme si je sentais le soleil sur mes omoplates, que je revoyais ce paysage, ma tête lourde sur l'épaule d'Arthur, Tout ça pour une chanson espagnole écoutée en France, des rappels de l'Espagne. Là bas, Relient K, en roulant mes R à travers les verres tintés. "On dirait que tes yeux vont exploser", émerveillée. Discuter jusqu'à quatre heures du mat' de tout et de rien, enroulée dans une veste en cuire trop grande pour moi, s'exclamant en musique sur notre culture cinématographique commune, finir par courir en chaussettes dans les couloirs des étudiants en manquant la crise cardiaque, ça fait mal de se retenir de rire à gorge déployée.

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Ici, la fin du monde, l'impact où tes pensées volent en éclat et n'ont pas le temps de se poser, le moment où l'on se dit que l'on vit un peu à reculons, un peu de travers, beaucoup trop vite mais merveilleusement bien. Tout court et simplement. Une légèreté omniprésente qui m'avait manquée. C'est comme rouler vite sur l'autoroute en écoutant de vieilles chansons, tout en lisant l'histoire d'un homo alcoolique. Le pied, total, toujours avec le soleil et cette impression de planer sans chute programmée.

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